11 Mars

11 Mars

4ème de couverture

Anjel Rekalde, Jabier Salutregi, Giovanni Giacopuzzi, Santiago Alba, Patrick Cassan

Éditions Gatuzain

2-913842-32-1

15€

Le grand mensonge

Madrid, jeudi 11 mars 2004. Dans trois jours, l’Espagne doit élire son nouveau gouvernement. Aucun changement en vue, si ce n’est l’obtention d’une majorité absolue pour le Parti Populaire. Le débat électoral, largement médiatisé, se focalise sur la question basque. Vers 7h40 du matin, 10 bombes explosent dans quatre trains de banlieue, près de la gare centrale d’Atocha. L’attentat fera 192 morts et laissera plus d’un millier de blessés. Tout basculera et les réactions, logiques et inattendus, s’enchaîneront : douleur, incrédulité et colère, fausses accusations et versions contradictoires, manifestations de masse, deux morts supplémentaires au Pays Basque, victoire de l’opposition et décision de retrait des troupes espagnoles d’Irak. Mais outre l’avènement du terrorisme d’Al Qaeda en Europe, c’est une formidable leçon de manipulation et un retournement politique sans précédent qui resteront dans les mémoires.

Quatre jours qui marquèrent profondément la société, les institutions et les médias. On en retira beaucoup d’enseignements, l’actualité reprit ses droits et le monde son rythme habituel.

Dans ce livre, cinq auteurs se penchent sur ces événements, sans oublier de les replacer dans leur dimension historique. De la chronologie détaillée des faits aux nombreuses déclarations du moment, de la guerre pour le pétrole à la politique intérieure de l’Espagne, du traitement médiatique de ces journées aux conflits avec les minorités nationales, ils nous livrent leurs travaux et nous donnent, chacun dans son domaine, leur point de vue sur tous ces sujets.

Un ouvrage qu’il est bon de lire, ne serait-ce que pour savoir qu’en guerre, la première victime est toujours la vérité.

Anjel Rekalde est né à Tolosa en 1957. Diplômé en sociologie, sciences politiques et journalisme, il est l’auteur de plusieurs ouvrages littéraires, d’essais, ainsi que d’enquêtes et d’analyses sur les médias. Son dernier livre, publié avec Rui Pereira au Portugal, est basé sur une thèse de doctorat sur la propagande espagnole et la criminalisation de la société basque (O novo jornalismo fardado).

Jabier Salutregi est né à Bilbao en 1950. Diplômé en sciences de l’information à l’université de Madrid, il fit ses premiers pas dans le journalisme en 1975, collaborant au magazine Cambio 16. En 1977, le quotidien Deia l’embaucha comme rédacteur et il fut aussi l’un des fondateurs de la revue Punto y Hora. Un an plus tard, c’est au quotidien Egin qu’il fit son entrée, devenant directeur du journal en 1992 jusqu’à sa fermeture en juillet 1998, décrétée par le juge Baltasar Garzon.

Giovanni Giacopuzzi est né à Trento (Italie) en 1958. Auteur de plusieurs livres et articles sur la situation politique du Pays Basque, il partage aujourd’hui son temps entre le journalisme et l’animation d’un centre pour personnes handicapées à Bolzano. Collaborateur habituel de Radio Popular à Milan, Giacopuzzi est devenu, par son expérience et ses analyses, l’un des spécialistes européens de la question basque. Il est aussi co-auteur d’un ouvrage sur les enfants des rues au Nicaragua.

Santiago Alba Rico est né à Madrid en 1960. Collaborateur de Gara et de Rebelion, il fut le scénariste d’ « Electoduendes » dans l’émission « La bola de cristal » de TVE, diffusée dans les années 80. Egalement écrivain, Alba s’est plus tard centré sur les romans, la culture et la politique, en publiant de nombreux ouvrages. Connaisseur du monde arabe, il vit à Tunis depuis quinze ans.

Patrick Cassan est né en 1972 à Toulouse. Ses études en histoire immédiate l’ont amené à s’intéresser à la question nationale basque, à propos de laquelle il fut l’auteur d’un ouvrage publié aux éditions l’Harmattan ("La question basque et le pouvoir français, 1981-1993"). Collaborateur au Journal du Pays Basque, il vit actuellement à Biarritz.